Hier soir, samedi, j’ai dîné au SPAGH avec des amis, un restaurant du centre-ville d’Amiens, qui a ouvert à la place du VIP, qui lui même avait remplacé le Tex-Mex.
Que le suspense ne dure pas : je n’ai pas aimé.
Je partais pourtant avec de bons a priori. Le restaurant est beau, la décoration raffinée (j’ai particulièrement flashé sur les cache-pots en vitrine), des écrans plats sont accrochés aux murs et diffusent en boucle le générique du film HOME, l’ambiance sonore est à mon goût, ni trop feutrée, ni abrutissante.
Mais une fois passé le premier regard, les déceptions se sont enchainées.
A commencer par le ratio quantité/prix.
A chaque fourchettée, je ne pouvais m’empêcher de me dire que j’enfournais 4,20€ dans mon humble gosier.
Mes amis avaient aussi opté pour la plupart d’entre eux pour les lasagnes et nos avis furent partagés. Hélas.
Pour le dessert, ma voisine demanda au serveur de quoi était composé le café gourmand. Réponse assez étrange « Et bien ça dépend de l’humeur du chef, de ce qu’il a sous la main, de ses envies ».
- Ah. Mais ça ne vous ennuie pas de lui demander de ne rien mettre avec des fruits rouges, je suis allergique.
- Ah non, désolé, je ne peux pas. On a une grande table en bas (encore !) et je ne veux pas les perturber en cuisine.
Allons-y quand même pour un café surprise alors…
Mon amie de droite a pour sa part choisi une tarte au citron, comme elle le fait très souvent quand ce choix lui ai proposé dans les cartes des restaurants où nous allons.
Les desserts finirent par arriver.
Le café gourmand était accompagné de trois verrines tout à fait quelconques, rassemblant des reliquats de desserts peu appétissants.
La tarte meringuée au citron était « déconstruite ». Sans doute une mauvaise manipulation d’un commis ayant tenté de recoller les morceaux d’une tarte lui ayant échappé de la spatule au moment du transvasement. Encore à cause de ces salauds du sous-sol je présume ? Quant au goût… elle n’en avait pas. L’acidité caractéristique de ce met brillait par son absence.
Quant à la glace trois boules « Speculos/Speculos/Caramel au beurre salé », elle s’avéra être, au moment de la dégustation être une glace « Speculos/Speculos/Stracciatella ».
Nous interpellons alors un serveur, lui disant que la boule blanche avec des points noirs n’était vraisemblablement pas au caramel.
- Ah non, en effet, ça ressemble plus à du Stracciatella. Je ne sais pas si ça vient de moi ou de la cuisine, je vais me renseigner.
Deux minutes plus tard :
- En fait, ils n’ont plus de caramel en cuisine. Je peux vous proposer un autre parfum ?
Ce que le serveur venait de nous dire en d’autres termes aurait pu être ainsi exprimé :
« Chère Madame, le cuistot a UNE GRANDE TABLE a servir au sous-sol, alors votre problème de parfum qui ne vous va pas, il s’en tamponne ! Il a vu que vous étiez blonde (ce qui est le cas soit dit en passant), et il s’est dit que Stracciatella, ça ferait l’affaire, que vous n’y verriez que du feu ! Alors si ça ne vous dérange pas, Mâdame, je vais vous rapporter une autre bouboule et vous allez arrêter de me SAOULER car j’ai UNE GRANDE TABLE à servir en bas ! »
Je me suis dit que par un geste de bienveillance et pour réparer la légère gêne occasionnée, notre serveur rapporterait deux magnifiques boules avec une bougie qui fait pssshhhit et qui éclaire tout le restaurant, mais non, que neni, point trop n’en faut, il nous rapporta une petite boule dans un petit ramequin, à notre PETITE TABLE pour les petites papilles de nos petites personnes.
La petite personne que je suis ne remettra pas les pieds au SPAGH de si tôt.
Je leur laisse cependant une deuxième chance de m’impressionner, à la seule et unique condition d’être installé (et invité, il va s’en dire) à la GRANDE TABLE DU BAS !
PS : si vous recherchez un bon restaurant italien, je vous conseille vivement La Dolce Vita, rue Jean Catelas, à gauche de la Maison de la Culture. On y mange excellemment bien.









